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Les Couleurs du Rosé

Une plongée toute en couleur dans le monde du rosé

En tant qu’amateurs de vins, vous connaissez sûrement le rituel propre à toute dégustation. On va d’abord observer le vin afin d’apprécier toutes les subtilités de sa robe. On le portera ensuite à notre nez pour nous imprégner de ses délicieux arômes. Enfin, le moment tant attendu. Il sera l’heure de tremper nos lèvres dans le calice et de nous laisser emporter par une douce torpeur. Et ce, peu importe le type de vin ou sa couleur.

Or, avec les beaux jours, on assiste au retour d’un vin qui a été mis au placard pendant l’hiver. Le rosé est, à notre grand bonheur, en train d’envahir les terrasses des cafés. C’est pourtant là que le bât blesse. En effet, d’un point de vue purement scientifique, la couleur rose n’existerait pas. La lumière rose proviendrait d’un mélange d’une lumière rouge et d’une lumière bleue. Pourtant, je suis catégorique. Le Pive Vie de Bohème que je suis en train de déguster est bel et bien doté d’une robe rose très affriolante. Une petite enquête sur la couleur des rosés s’impose donc à nous.

Pour commencer, il est nécessaire de rappeler que le rosé n’est pas issu d’un mélange entre un vin blanc et un vin rouge. Apportons une petite nuance à cette affirmation. Ceci est vrai en Europe pour les vins tranquilles. L’histoire est tout autre pour les Champagnes. La grande majorité de ces vins effervescents sont des rosés d’assemblage, c’est-à-dire que les vignerons vont ajouter 5 à 20% de vin rouge champenois à du vin blanc clair. Nous retrouvons ce mélange dans certains vins du Nouveau Monde. Certains Champagnes dérogent à cette règle. On les appelle les Champagnes Rosés de Saignée et ils ont la particularité d’être très complexe aromatiquement parlant et bien plus vineux que leur comparse d’assemblage. On aura donc tendance à privilégier leur service au cours du repas.

D’où provient la couleur du vin ?

Il faut savoir que la grande majorité des raisins, qu’ils soient blanc ou noir, ont une pulpe blanche. Le vin rouge et le rosé tirent donc leur couleur d’une autre partie de la baie, j’ai nommé la peau. La pellicule du grain contient effectivement des pigments rouges, autrement appelés anthocyanes. C’est en pressant le grain de raisin, puis en le laissant macérer quelques temps avec sa peau que nous obtiendrons la coloration du vin. Plus la macération sera longue et plus sombre sera le vin. Voilà pour le principe général de la coloration des vins.

Concernant les rosés, il existe deux méthodes principales d’élaboration. Le rosé de pressurage direct et le rosé de saignée. La première méthode va produire des vins relativement clairs, proche d’une teinte saumon. Ceci s’explique dans la mesure où la pulpe ne rentrera que très peu en contact avec la peau du raisin. On ne retrouvera donc que très peu d’anthocyanes dans le vin (entre 10 et 50 milligramme par litre).

Le rosé de saigné donnera au vin une robe plus sombre. Il permettra au vigneron d’avoir un plus grand contrôle sur la couleur qu’il souhaite donner à son vin. Cette dernière dépendra du temps de macération. On estime que pour une courte macération, un rosé contiendra entre 50 et 100mg/L d’anthocyanes. Au-delà de 100mh/L, la couleur des rosés se rapproche de celle de jeunes vins rouges.

D’autres facteurs jouent dans la coloration des vins. Il faut aussi prendre en compte le cépage ainsi que son degré de maturité. Ainsi le grenache a tendance à donner une teinte tirant sur le mauve tandis que le gamay propose une robe plus cerise. Le vieillissement de la cuvée est également à considérer. Tout comme les vieux vins blancs, les vieux rosés vont avoir tendance à s’assombrir pour atteindre des nuances orangées.

Enfin, une étude réalisée en 2006 par le Centre du Rosé montre que plus on irait dans le Sud et plus les vins rosés tireraient vers une robe foncée, et ce au niveau international. Il existe toutefois de nombreuses exceptions. Ainsi, les vignerons provençaux ont volontairement pâli leurs rosés depuis quelques dizaines d’années afin que ces derniers soient plus faciles à reconnaitre.  

La couleur des rosés

La palette de couleurs des rosés est très large ; on compterait plus de 140 nuances différentes. Elle est également très poétique. Outre les couleurs en rapport avec les fruits (cerise, framboise, litchi, orangé, abricot), les arbres (prunus), les fleurs (pivoine) et les animaux (saumoné), on trouve des noms assez originaux tels que pelure d’oignon ou encore œil-de-perdrix.

Aussi, plutôt que de les décrire une-à-une de manière assez rébarbative, nous préférons mettre en avant quelques-uns de nos rosés préférés. Ces rosés, tous issus de régions différentes, sont nos petits chouchous pour cet été : 

Les Vins Gris des Côtes-de-Toul. Véritable porte-étendard de la viticulture lorraine, le Gris de Toul est un vin très élégant, avec un nez mêlant arômes floraux et fruités. En bouche, il est agréablement vif et doté d’une belle longueur. Ce vin est un véritable bonheur à l’apéritif !

Autre vin original, en provenance du Comté Tolosan, nous vous proposons un Malbec Rosé. Sa robe grenadine est un véritable appel à la gourmandise. En boire un verre, c’est avoir l’impression de croquer dans de petites baies rouges gorgées de jus.

La Loire est un grand producteur de vins rosés en France. Aussi aimerions-nous vous présenter un rosé d’Anjou, Le Petit Saint Louis. Ce rosé a été mis en bouteille après s’être maquillé. Il s’est paré d’une robe rose blush et dévoile un nez groseille et une bouche très rafraichissante. Ce rosé sera le partenaire favori de vos salades en tout genre.

Le Rosé de la Chevalière, avec sa robe framboise, est une digne représentante du Pays d’Oc, première appellation productrice de rosé. Aussi retrouvera-t-on des arômes de fruits rouges bien mûrs et une bouche très fraiche.

Troisième région phare du rosé, la Provence. Le 946 et sa robe pêche claire pourrait en être son ambassadeur principale. Rosé de garde, il dégage des notes de fruits exotiques et de pâtisseries à tomber par terre.

Fière représentante des Champagnes Rosés d’assemblage, le Grand Rosé de Beaumont des Crayères saura vous séduire avec sa robe framboise aux reflets saumon. Avec un nez plein d’agrumes et de petits fruits rouges, ce rosé sera parfait pour accompagner des langoustines.

Enfin, laissez-nous vous présenter un rosé assez particulier, en provenance de Bordeaux. La robe du Clairet se rapproche fortement de celle des vins rouges légers. Dans certains cas, il faut demander de l’aide à des laboratoires afin de déterminer la couleur du vin. Ainsi, la Cuvée Clémence du Château Haut Dambert est habillée d’une séduisante robe rougeâtre, pour afficher de sublimes notes florales. Ce rosé un peu plus puissant que les précédents sera le parfait compagnon des cuisines du Maghreb.

Allez, un dernier conseil pour la route. Ne considérez pas l’ensemble des vins rosés comme étant des vins légers. Certaines appellations, comme Collioure, produisent des rosés plus puissants que de légers vins rouges. Goutez donc ce Clos des Paulilles . Vous nous en direz des nouvelles !

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